samedi 12 septembre 2009
2009 : l'impression d'arrachement et de solitude fut immédiate
Seul, je ne me serais jamais installé à Lormes, seul, je ne peux en repartir.
Arrivé avec mon amie un jour de beau temps... mon amie repartie à Paris au 3e jour pour son travail, j'ai ressenti une immense solitude dans ce lieu étranger.
Je me suis raisonné puisque j'étais là... j'aurais du fuir... tout laisser... j'aurais perdu bien peu en reniant ma parole.
Je me sentais engagé par l'amour de la nature, de l'espace, du silence. Je me sentais engagé aussi par la parole donnée et les contrats de location signés.
On ne piège souvent que les honnêtes gens quand les jeux sont faussés.
Depuis onze années j'ai cherché les mots pour comprendre mon histoire.
Les campagnes c'est seulement pour les vacances... pas pour y vivre, seulement pour y passer un moment.
Chaque commentaire des visiteurs de mon blog m'a fait réfléchir, comprendre et expliquer.
Personne à ce jour ne m'a aidé à rentrer chez moi. À sauver un peu de vie... mais qui le peut vraiment ?... "ceux qui ont le bras long" mais pour qui je ne compte pas. Ceux qui m'ont attirés ici... indirectement.
Je réponds aux internautes... aucun commentaire ne m'a convaincu de la légitimité de mourir à Lormes. Les plus accablants m'ont juste laissé un sentiment d'inhumanité de la société.
Qu’est-ce que « la mise en dépendance des populations » ?
Il y a quelques dizaines d'années, l'Etat a tenté de déplacer des fonctionnaires de la région parisienne vers la province et les campagnes... mais ce fut un échec.
En lieu et place, on y plante des pauvres, des naïfs, des écolos, des délinquants, des retraités, des handicapés de toutes sortes, des gens sous tutelles... Les campagnes deviennent des ghettos de toutes les formes de misères au titre de super-banlieues.
La nature n'est plus un espace de liberté mais une prison verrouillée par l'éloignement des villes dynamiques et de la région parisienne et le manque d'argent de ces gens-là pour retourner chez eux.
Une fois parqué à la campagne on ne peut plus s'en échapper seul.
On ne peut parler de vie humaine pour cette population sans loisirs ni culture... mais de survie végétative. Le bistrot et la télé sont les seuls pseudo communications sociales.
Tous ces exclus de la société y sont contrôlés par un quota de fonctionnaires et de services sociaux qui légitiment ainsi leur salaire. Prisonniers et gardiens ne vivent que par les financements publics produits des impôts des grandes villes.
Qui est responsable selon vous ? Tout le monde ? Personne ? N’est-ce pas un peu facile de lancer ce genre d’affirmation sans l’expliquer ?
Ceux qui font perdurer ce système sont ceux qui en profitent... ou croient en profiter. Ceux qui veulent se débarrasser de certaines populations, libérer les logements des grandes villes, les petits fonctionnaires à 1200 euros par mois qui se croient privilégiés dans ce monde de pauvres... les politiques à élection facile, les marchés de la misère... Cherchez les maîtres, vous découvrirez leurs esclaves. Dans les campagnes, on fait travailler les gens gratuitement... ou pour 1,50 euro de l'heure (offre véridique pour du ménage).
Vous avez l’habitude de faire du rentable ? Il faut croire que non ! Etre « rentable » n’est pas une habitude mais le résultat d’un bon travail.
Malheureusement non... de nos jours, être rentable, c'est seulement gagner de l'argent... peut importe la contre-partie fournie.
On ne bâtit pas un avenir sur un homme politique qui « arrose » une région de subventions mais sur un projet viable !
Je ne connais pas de projets viables dans le Morvan pour les parisiens. Les campagnes sont sous perfusion. J'ai été conditionné par les média qui affirment sans cesse le bonheur de vivre à la campagne en montrant des témoignages de réussites sociales et professionnelles. Or, j'ai compris aujourd'hui que c'est un mensonge à soi-même et aux autres. Je ne connais ici de réussites (artificielles) que subventionnées à grands frais, de réussite de survie... ou dans le cas général... pas de réussite du tout.
Il suffit d'écouter les agriculteurs et les éleveurs qui se plaignent de leur vie misérable à cause de revenus d'asservissement au travail ou de voir les jeunes quitter les villages pour travailler en ville. Les commerces meurent les uns après les autres... à part les médecins de l'agonie, les bistrots de la solitude, les agences immobilières de la naïveté... comment peut-on croire "que le bonheur est dans le pré" si on ne nous en martèle pas les esprits dans les médias.
Oui, je me suis fais avoir par le mensonge à cause de 2,5 jours d'inattention et de détente un jour de soleil avec mon amie. Çà n'excuse pas le crime économique et humain monté par les gens qui y trouvent leur compte.... et par leurs marionnettes. Lisez les forums d'installation à la campagne, les magazines, les sites internet... jusqu'àaux chaînes de télévision chargées de nous montrer la campagne en rose.
Je vais mourir de la misère, de l'humidité, de la toxicité de cette région... je veux que les coupables soient punis... je le veux pour toute cette souffrance fabriquée... pour toutes ces morts prématurées à cause de l'environnement de misère qui nous maintient dans le moyen âge de l'insalubrité et de l'esclavage.
La misère chasse les gens dans les campagnes. Où avez-vous vu cela ? Alors pourquoi y a-t-il autant de bidonvilles autour des villes ? Les Morvandiaux d’aujourd’hui sont les citadins d’hier… Faux ! La plupart des Morvandiaux d’aujourd’hui y sont nés et y ont passé toute leur vie. D’autres après être partis travailler en ville sont revenus pour y vivre leur retraite, s’y trouvent bien et ne souhaiteraient pour rien au monde quitter leur Morvan.
Ce n'est pas ce qu'ils me disent quand je leur demande où ils sont nés. La plupart viennent des villes et ont sombré dans la misère en s'installant dans la Nièvre. Vos statistiques datent peut-être de 40 ou 50 ans quand il y avait 25 bistrots dans le village et du travail. Les Morvandiaux qui reviennent pour prendre leur retraite sont autant déçus que nous de trouver une région aussi triste et morte... mais c'est leur région, leur racine... ils y ont leurs souvenirs comme pour moi qui veut retrouver mes racines, décemment, un droit que l'on me refuse sauf à vivre une misère encore pire.
Certains peuvent chercher le calme et d’autres vouloir voir du monde. Tout le monde n’est pas sur le même modèle mais on ne peut pas vouloir une chose et son contraire.
La vérité est que nous avons besoin d'espace vital et de tranquillité... mais nous avons aussi besoin des autres pour travailler et communiquer. Je le reconnais, la campagne, c'est bien pour les vacances. La ville, c'est le travail, le confort, la culture, la santé (et les soins), l'anonymat et les amis choisis, etc...
Ce qui me convenait, c'était de vivre en ville et de voyager dans la nature.
Ne comptez pas sur la société que vous accusez de tous vos maux pour vous en sortir mais sur vous-même.
Ce n'est pas à 61 ans que je peux partir vers Paris sans rien. À 20 ou 30 ans, c'est possible mais pas à l'âge de la retraite quand on a déjà payé pour sa sécurité et que l'on s'est fait dépouillé. J'ai encore suffisamment de conscience pour me rendre compte que partir seul dans l'état où je me trouve serait accélérer encore ma destruction.
Je ne peux pas partir sans aide... je ne suis pas fou bien que çà en arrangerait certains après m'avoir enfermé dans la casse-pipe de la Nièvre.
Je n'attends plus rien en effet du rouleau compresseur qu'est cette société de copinages et de privilèges sauf qu'un rapport de force la punisse dans un temps que je ne connaîtrai pas parce que je l'aurai quittée.
Les dictatures de l'argent ne font pas de sentiment mais rencontrent plus fort qu'elles, parfois, les révoltes de la misère.
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